MANUSCRIT VOYNICH MS 408

INTRODUCTION (à lire)

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Vision d'ensemble sur le Manuscrit Voynich sur ce document

Si l’on voulait dès à présent employer une expression, on pourrait affirmer que le manuscrit Voynich est à la littérature ce qu’est le dernier théorème de Fermat aux mathématiques. Ce manuscrit, vieux de plus de 500 ans a une particularité qui est celle d’être écrit dans une langue inconnue. Bien sûr, l’équivalence avec le dernier théorème de Fermat n’est pas de même nature puisqu’il s’agissait là de démontrer que x2 + y2=z2 n’est vrai que pour des solutions strictement inférieures à 3. Ce théorème a passionné le monde des mathématiques pendant près de 350 ans, jusqu’à ce qu’en 1991 un brillant mathématicien, Andrew Wiles, travaillant seul, mais en connaissant la recherche mathématique en cours, enfin démontre le théorème de Fermat pour toutes ses solutions. Ce théorème n’était pas en soi une énigme ainsi que l’est le Manuscrit Voynich, mais a tenu en échec mathématiciens et informaticiens de nombreux siècles, et non des moins brillants. De là à en déduire que le temps et la technologie doivent faire leur oeuvre pour déchiffrer toute source mystérieuse, il n'y a qu'un pas... dont il faut éviter se garder de franchir sauf à vouloir tomber dans la simplicité.

Sur le plan de la littérature, certains textes restent à ce jour hermétiques. Il en est ainsi du « linéaire A » employé par les grecs mycéniens, en Crète, vers 1750 à 1450 avant JC. Le faible volume de signes (7 000 au total) ne permet pas, ex-nihilo, de traduire de façon certaine et absolue les textes. Du moins pour l'instant... sauf à trouver un nouveau Champollion des temps modernes, génie ou simple archéologue.
Le « disque de Phaïstos », lui aussi découvert en Crète au début du XXe siècle, constitue, avec ses 45 signes disposés en spirale, une énigme dont on ignore tout, et a résisté à toutes les communautés scientifiques, spécialisées en histoire, en cryptographie, linguistique... Selon un chercheur (Gareth Owens) la séquence imprimée à l’aide de poinçons sur les deux faces, contiendrait une prière à la déesse mère de la religion minoenne. Mais comme encore récemment au sujet de notre étude, un anglais, présentant l’équivalent de sa thèse de 3e siècle criait haut et fort le déchiffrement du manuscrit, rien n’a été vérifié et approuvé à ce jour, disque de Phaistos et Manuscrit Voynich.

L’on pourrait aussi prendre exemple sur les dialectes écrits de l’Afrique occidentale, notamment l’écriture « méroïtique » en Nubie et au Soudan diificiles d'accès. Dans cette région du monde, on n’oubliera pas le travail au siècle dernier par Champollion de la découverte de la signification des hiéroglyphes. La Pierre de Rosette, il est vrai, donnait sa propre clef de lecture avec les trois écritures sur le même support : phénicien, grec et égyptien. Bien au delà de notre continent, l‘écriture Maya, avec une trentaine de variations, est aussi l’objet de recherches intenses, où le terme spéculation sur le sens reste encore très approprié.

Exception faite de l’écriture Maya, celle du Manuscrit Voynich a la particularité d’être la plus avancée dans l’histoire, puisque l’origine du texte est admise autour du 15è siècle. De plus,  le document est relativement complet et important avec ses 262 feuillets. C’est-à-dire que le matériau est suffisamment dense et riche, avec assez de lettres et de contenu, pour pouvoir prétendre, par le jeu des combinaisons, donner de la matière pour retranscrire ce langage inconnu en langage naturel, si cela était naturellement réalisable.

Nous sommes dans une période, celle du Moyen Age, à la limite de la Renaissance, où le mysticisme, l’alchimie, le pouvoir naissent et s’amplifient par l’ouverture des pays et des échanges commerciaux. Même si le texte déchiffré était commun et non pas prophétique ou alchimique, le travail n’en resterait pas moins inintéressant de déchiffrer un texte inconnu, de comprendre ce qui a poussé l’auteur à cacher ses textes, par goût personnel, par jeu, par protection vis-à-vis de l’église… En effet, Dieu a rendu l’homme mortel (« tu es cendre » dit la Bible) et certains en ont concrètement vécu les conséquences sur le bucher. L’église, notamment à Prague, grand lieu de ferveur alchimique, où des hommes cherchaient l’immortalité, réprouvait et interdisait les principes scientifiques et théologiques extérieurs à la doctrine catholique romaine.

A ce jour, malgré la littérature existante sur le sujet, à vrai dire peu abondante, aucune solution n’a été apportée à cette énigme, y compris celle de Claude Martin (www.voynich.info). Des chercheurs, des universitaires, des scientifiques du monde entier, et même bien avant que les échanges sur Internet se multiplient, ces chercheurs donc ont tenté, en vain, de décrypter, de déchiffrer le contenu du Manuscrit Voynich. Le travail réalisé jusqu’alors, même s’il est technique, n’est pas en fait resté si vain. Les premières approches sont restées stériles car elles ont été menées directement sur le thème du déchiffrement et non pas de la compréhension du texte pour déterminer si oui ou non il avait une vraie signification, c’est-à-dire un texte clair chargé de sens après déchiffrement. Mais ces travaux ne sont pas restés vains également car ils ont éliminé des pistes possibles, et ont ouvert à la voie à d’autres recherches plus complètes. L'université de Yale a même numérisé en très haute définition les pages du manuscrit, sans toutefois allouer de moyens supplémentaires à l'étude de ce document.

Il n’y a aucune autre solution de déchiffrement que de savoir où l’on va, comment l'on y va, et ce que l’on peut trouver, quelle que soit l’issue sur la base d'une hypothèse de départ. Le manuscrit déchiffré qui ne serait qu’une « traduction » d’un verset de la Bible n’en serait pas moins riche d’enseignement et donnerait autant de satisfaction que la lecture, par exemple, d’une recette alchimique, si complexe soit-elle.

Notre prétention est à la fois élevée et humble. Elevée pour déterminer s’il y a ou non une clef (ou des clefs) de lecture. Humble, car si elle existait, cette clef pourrait être soumis à des cryptologues du monde entier, avec pour mission de traduire selon un axe de recherche plus précis que ce qui a été déjà réalisé (travaux de Claude Martin, ou d'Antoine Casanova pour ne citer que deux chercheurs).

Cette étude est aussi un hommage aux travaux déjà faits, au temps passé, celui des chercheurs, et celui nous séparant de la rédaction des feuillets. Il a une vocation holistique conjuguant simultanément écriture, dessins, matériau physique, histoire, codes secrets, alchimie, histoire, numérologie, astrologie, pharmacopée...

Enfin, la particularité de cette étude reposera aussi sur la similitude entre le Manuscrit Voynich, écrit il y a 5 siècles, et le Codex Séraphinianus, nom latinisé d’un livre incroyable écrit en… 1978.

 

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